Marie Mère de Dieu(source cathobiblique.wordpress.com)

L’Arche d’Alliance

L’arche d’Alliance était l’objet le plus sacré pour le peuple d’Israël. A l’intérieur avait été placé les tables de la Loi (Ex 25, 16), c’est-à-dire l’alliance que Dieu a établi avec son peuple. L’arche contenait aussi un peu de manne donnée par Dieu pour nourrir les Hébreux dans le désert (Ex 16, 14-16) ainsi que le bâton du prêtre Aaron. L’arche, surmontée de deux chérubins, était le trône visible du Dieu invisible. Elle était portée à l’avant du peuple partout, signifiant la présence de Dieu avec eux (par ex en Nb 10, 33).

Lorsque David conquit Jérusalem, il en fit sa capitale puis « David se leva et alla avec tout le peuple qui l’accompagnait à Baala de Juda, afin de faire monter de là l’arche de Dieu, qui porte le nom de Yahvé Sabaot, siégeant sur les chérubins.» (2 S 6, 2) L’arche fut placé sur un nouveau chariot (contrairement aux instructions données pour le transport de l’Arche en Ex 25, 13-15 et 1 Ch 15-15). Mais le chariot était instable et un des hommes chargé du transport étendit la main sur l’Arche pour la retenir (autre violation de la Loi, cf Nb 4, 15) et mourut sur le champ.

David fut alors dans un grand désarroi et dit : « Comment l’Arche du Seigneur peut-elle venir à moi ? » (1 S 6, 9).

Et  « L’arche de Yahvé demeura trois mois chez Obed-Édom de Gat, et Yahvé bénit Obed-Édom et toute sa famille.» (2 S 6, 11). Finalement David ramena l’Arche à Jérusalem, conformément aux prescription de la Loi, dans la fête et la réjouissance. David lui-même « dansa et sauta » de joie devant l’Arche (2 S 6, 14-16).

Plus tard 2 M 2, 4-8 nous dit que Jérémie cacha l’Arche d’Alliance au Mont Nébo : « Il y avait dans cet écrit qu’averti par un oracle, le prophète se fit accompagner par la tente et l’arche, lorsqu’il se rendit à la montagne où Moïse, étant monté, contempla l’héritage de Dieu. Arrivé là, Jérémie trouva une habitation en forme de grotte et il y introduisit la tente, l’arche, l’autel des parfums, puis il en obstrua l’entrée.  Quelques-uns de ses compagnons, étant venus ensuite pour marquer le chemin par des signes, ne purent le retrouver. Ce qu’apprenant, Jérémie leur fit des reproches : «Ce lieu sera inconnu, dit-il, jusqu’à ce que Dieu ait opéré le rassemblement de son peuple et lui ait fait miséricorde. Alors le Seigneur manifestera de nouveau ces objets, la gloire du Seigneur apparaîtra ainsi que la Nuée, comme elle se montra au temps de Moïse et quand Salomon pria pour que le saint lieu [c’est-à-dire le Temple] fût glorieusement consacré

Ainsi l’Arche ne réapparaîtra que lorsque Dieu montrera sa miséricorde et rassemblera son peuple à nouveau. Mais quand cela se produira ?

La visitation

Luc, dans son récit de la Visitation (Lc 1, 39-56) établit un parallèle frappant avec le texte de 2 Samuel 6 que nous venons de lire. Dans ce dernier « David se leva et alla » à Baala, une ville de Juda (2 S 6, 2), ici « En ces jours-là, Marie se leva et alla en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. » (Lc 1, 39-40).

David « sauta et dansa » devant l’Arche (2 S 6, 14-16). De même en Lc 1, 41 « Et il advint, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant sauta dans son sein ». Elisabeth, après avoir été remplie du Saint Esprit s’écrit : « Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » (Lc 1, 43), question qui reflète celle de David : « Comment l’Arche du Seigneur peut-elle venir à moi ? » (2 S 6, 9).

Enfin, après que Marie chante une hymne de louange au Seigneur (communément appelé le Magnificat Lc 1, 46-55), elle « demeura avec elle environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. » (Lc 1,56) De même « l’arche de Yahvé demeura trois mois chez Obed-Édom de Gat, et Yahvé bénit Obed-Édom et toute sa famille. » (2 S 6, 11)

Pour parachever le tout, Luc utilise une expression très intéressante en Lc 1, 42. Il nous dit qu’Elisabeth « cria d’une voix forte » pour exprimer sa joie à l’arrivée de Marie. Or ce verbe ἀναφωνέω n’est pas utilisé ailleurs dans le Nouveau Testament. Mais il employé cinq fois dans la Septante (traduction grecque de l’Ancien Testament ) et à chaque fois en lien avec l’Arche d’Alliance, pour décrire l’exclamation de joie du peuple pour célébrer la présence de Dieu au milieu d’eux.

Elisabeth élève sa voix pour louer Dieu en présence de Marie, tout comme ses ancêtres (Elisabeth est lévite et descendante d’Aaron cf Lc 1, 5) le firent en présence de l’Arche d’Alliance.

Marie est donc l’Arche de la Nouvelle Alliance. Dans l’Ancien Testament, l’Arche d’Alliance contenait les tables de l’Alliance de Dieu, la parole de Dieu dans la pierre. Dans le Nouveau Testament, Marie porte la Parole de Dieu dans la chair, Jésus Christ qui va amener la Nouvelle Alliance que Jérémie entrevit il y a bien longtemps (Jer 31, 27-34).

L’Arche au ciel.

Alors que Luc utilise des expressions similaires et des images pour suggérer que Marie est la Nouvelle Arche, Jean nous dit avoir vue en vision l’Arche d’Alliance disparue depuis l’époque de Jérémie : « Alors s’ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel et son arche d’alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru… Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. » (Ap 11, 19-12, 2). On retrouve ici la description donnée par Jérémie en 2 M 2, 7-8, lorsqu’il parle de la Gloire de Dieu qui apparaît comme au temps de Moïse (Ex 19, 16.18). Or, en décrivant sa vision de l’Arche qui réapparaît après des centaines d’années, Jean nous dit qu’il voit une femme enveloppée de soleil !

La division en chapitres qui apparaît dans nos bibles date de 1227 lorsque Stephen Langton, professeur à l’Université de Paris divisa la Bible en chapitre (la division en verset a été entreprise en 1539 par Robert Estienne). Jean, dans sa rédaction, a écrit tout d’un trait.

Et qui est cette femme ?

« elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. » Ap 12, 2

« Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un bâton de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône» Ap 12, 5

Celui qui doit mener les nations avec un bâton de fer (un bâton de berger) c’est l’Oint du Seigneur, le Messie ou Christ (voir Ps 2). Cette femme que Jean voit lorsqu’il contemple l’Arche d’Alliance, c’est la Mère du Christ.

Qu’est-ce qui fait que Marie est l’Arche de la Nouvelle Alliance ?

L’Arche d’Alliance était le signe de la présence de Dieu parmi son peuple. En Jésus, né de Marie, Dieu était réellement présent au milieu de son peuple, d’une manière encore plus directe.

L’Arche contenait la Parole de Dieu écrit dans la pierre. Marie porta la Parole de Dieu dans la chair.

L’Arche contenait le pain du ciel, une préfiguration de l’Eucharistie (1 Co 10, 1-4). Marie porta le Pain de Vie, Jésus Christ (Jn 6, 48-50).

L’Arche contenait le bâton d’Aaron, symbole de son sacerdoce. Marie porta Jésus Christ notre Grand Prêtre (Heb 3, 1).

Si l’Arche d’Alliance était sainte,  Marie l’est encore plus. Comme Mère de Dieu, elle est l’Arche de la Nouvelle Alliance, portant Jésus Christ, la Parole de Dieu, le Pain de Vie et notre Grand Prêtre. C’est le témoignage des auteurs du Nouveau Testament.

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